CIRCUIT
PATRIMONIAL
Le circuit patrimonial que vous allez suivre maintenant vous permettra
de découvrir les richesses architecturales et historiques de
la municipalité des Cèdres. Bonne visite !
Situé à environ 50 km de Montréal, le futur village
des Cèdres était une étape obligatoire pour les
marchands-voyageurs aux 17e et 18e siècles. En effet, en raison
des nombreux rapides rencontrés sur le fleuve Saint-Laurent
à cet endroit, ceux-ci devaient s’y arrêter avant
de poursuivre leur périple vers les postes de traites des Grands
Lacs. Ces commerçants installaient leur campement aux pieds
des nombreux cèdres (thuyas) couvrant l’endroit à
l’époque. Ces arbres sont maintenant disparus, seul leur
souvenir demeure.
En partant du canal Soulanges, dirigez-vous vers le sud en empruntant
le chemin Saint-Féréol. Au croisement, tournez à
droite sur le chemin du Fleuve jusqu’au numéro civique
1274.
Cette magnifique maison de campagne fut érigée vers
1837 dans la plus pure tradition des cottages de style Regency (aussi
appelé anglo-normand). Les influences anglaises caractéristiques
de cette maison sont manifestes : toiture à quatre versants
à pente douce, large galerie entourant les quatre côtés
du bâtiment, symétrie et équilibre de la forme
générale. La décoration, remarquablement soignée,
contraste avec la robustesse de cette construction de pierre. La bordure
de bois représentant des fleurs de lys, les moulures encadrant
les fenêtres ainsi que la porte principale (pilastres) l’illustrent
de belle façon.
Si les premiers propriétaires connus de ce cottage sont le
marchand montréalais Philip Hooffstetter et son épouse
Rachel Hays, c’est lors de son achat en 1871 par François
Bissonnette, fils, que la demeure connaît sa réelle destinée.
En effet, ce commerçant l’habitera pendant près
de 53 ans. À sa mort, la maison restera la propriété
de ses descendants jusqu’en 1998.
Durant les années soixante-dix, l’ancienne résidence
de François Bissonnette fut louée par les membres d’une
commune appelée les Compagnons du Colombier. Cet événement,
de même que son inoccupation pendant une période de 16
ans (1982-1998), ont marqué l’imaginaire collectif et
permis au bâtiment de se tailler une place dans la petite histoire
des Cèdres.
Revenez sur vos pas et dirigez-vous vers le village des Cèdres,
autrefois désigné sous l’appellation de village
de Soulanges. Situé au 1242 chemin du Fleuve, l’ancien
magasin général A.-M. Bissonnette vous attend.
Malgré les modifications majeures apportées il y quelques
années, l’actuel centre de rénovation laisse apparaître
quelques-unes des caractéristiques architecturales qui furent
siennes pendant près d’un siècle. Comme bien des
commerces ruraux de la fin du 19e siècle, cet édifice
s’inscrit dans la tradition américaine des villes-champignons
(Boomtowns) avec ses deux étages et sa façade postiche
qui cache son toit à deux versants. Sur ce type de bâtiment,
règle générale, le rez-de-chaussée abritait
un magasin et la partie supérieure servait de logement.
Si nous ne connaissons pas la date exacte de la construction du magasin
général, nous savons qu’il existait déjà
en 1890. En effet, le 31 octobre, peu de temps après la mort
de son mari Esdras Bisssonnette, Virginie Leroux vend le bâtiment
et les terrains qui s’y rattachent. Ils seront achetés
par le frère du défunt, Arcade-M. Bissonnette, pour
la somme de 1 860 $. Comme pour le cottage de leur autre frère
François, fils, que nous avons présenté précédemment,
le commerce demeurera dans la famille Bissonnette jusqu’à
tout récemment (1996).
Prochaine étape, le 1212 chemin du Fleuve.
Cette maison bâtie vers 1860 est un autre exemple du style Boomtown.
Créés à l’origine en raison du manque d’espace
propre aux agglomérations urbaines, ces bâtiments commerciaux
ou résidentiels sont quelquefois coiffés d’une
toiture plate légèrement inclinée. Bien que ces
habitations soient généralement appuyées les
unes sur les autres, ce type de couverture particulière permet
à l’eau de pluie de s’écouler vers l’arrière.
Remarquez les côtés de la résidence en forme d’escalier
qui, par esthétisme, cachent cette caractéristique du
toit tout en permettant d’en deviner l’ingéniosité.
Poursuivez sur le chemin du Fleuve jusqu’au superbe bâtiment
abritant le presbytère du Village.
L’ancien presbytère, datant de la fin du 18e siècle,
considéré comme vétuste a été remplacé
en 1908 par l’édifice que vous observez actuellement.
Les dessins des plans furent confiés à l’architecte
montréalais Joseph Venne (1858-1925). Profitant d’une
forte tradition familiale, Venne est loin d’être un nouveau
venu dans le domaine. Avant d’être approché par
le curé Joseph-Adélard Castonguay de la paroisse de
Saint-Joseph-de-Soulanges, Joseph Venne comptait déjà
plusieurs réalisations à son actif. On lui doit, entre
autres, la partie supérieure de l’église Sacré-Coeur-de-Jésus
(1886), l’église Saint-Clément de Viauville (1899)
et la façade de l’église Saint-Enfant-Jésus
(1901), toutes trois situées sur l’île de Montréal.
Pour sa nouvelle création, Joseph Venne s’inspire largement
des villas néoclassiques. Érigés au Québec
dès le début du 19e siècle, ces bâtiments
s’inspirent des constructions de l’Antiquité et
seront bien souvent la propriété de riches bourgeois
; ils serviront également de presbytères aux membres
du clergé. Le choix de Venne n’est donc pas surprenant.
Tout comme les cottages de style Regency, ce type de villas est dû
à l’arrivée des entrepreneurs britanniques dans
le paysage architectural canadien ; cette nouveauté sera par
la suite adoptée par la population d’origine française.
Le presbytère réalisé par Joseph Venne se caractérise
par une toiture à quatre versants, des ouvertures (fenêtres
et lucarnes) symétriques, une porte centrale entourée
de baies latérales et une grande galerie en façade.
Bien qu’à l’origine le recouvrement des édifices
de style néoclassique était habituellement fait de bois
ou de pierre, Joseph Venne préféra utiliser de la brique,
plus populaire à son époque. Remarquez les motifs géométriques
et l’effet de couleur que leur disposition forme à l’étage.
Profitant de l’amélioration des moyens de chauffage durant
cette période, Venne fait disparaître les immenses cheminées
dans les murs-pignons caractéristiques de ce type de construction
au profit d’une plus petite située à l’arrière
du bâtiment. Pour compléter le tout, le toit est surmonté
d’une crête en fer forgé se terminant par une croix
de métal, rappel discret de la fonction religieuse de la bâtisse.
La construction du presbytère sera confiée à
l’entrepreneur Théodore Bélanger de Valleyfield.
Le coût consenti à sa réalisation avoisinera les
14 000 $.
Prenez la direction de l’église toute proche et dirigez-vous
d’abord vers le monument se trouvant sur le terrain.
Élevé
en remerciement à la protection divine accordée aux
jeunes hommes des Cèdres lors de la Première Guerre
mondiale, le monument du Sacré-Coeur est un rappel émouvant
de cet événement sanglant. Installée en 1919,
la base de marbre provient de la maison Brunet de Côte-des-Neiges.
Il faudra attendre deux autres années avant que la statue soit
installée sur son socle. Sculptée par les artisans de
Pietrasanta en Italie, elle est composée de marbre de Carrare.
Les lampadaires, également de l’époque, s’illuminaient
les vendredis et les jours de fête.
Maintenant, approchez-vous de l’église Saint-Joseph-de-Soulanges.
Tout comme le presbytère de 1908, l’église a été
érigée pour remplacer l’ancien bâtiment
datant de 1781. Nous devons cet édifice aux formes néogothiques
à l’architecte bien connu Victor Bourgeau (1809-1888).
Entre 1849 et 1888, Bourgeau produisit un nombre impressionnant d’églises
à travers tout le Québec : Trois-Rivières, Saint-Anicet,
Montréal, Sainte-Geneviève-de-Batiscan, Lavaltrie, L’Assomption,
etc. Ce fut l’entrepreneur François-Xavier Archambault
qui réalisa l’ensemble des travaux qui se déroulèrent
entre les années 1879 et 1881. Leur coût total sera évalué
à plus de
40 500 $.
Bien qu’elle soit sensiblement au même endroit que sa
précédente, la nouvelle église de Soulanges est
située en retrait de l’emplacement original. Le terrain
gazonné faisant face à l’actuelle devanture est
le lieu où jadis se retrouvaient l’édifice et
le cimetière de 1781. Les pierres récupérées
lors de leurs démolitions furent utilisées pour élever
le mur d’enceinte du cimetière que l’on peut toujours
apercevoir à l’arrière de l’église.
Dominant le village par sa hauteur, le clocher est garni de trois
cloches. Importées de Londres vers 1881, elles pèsent
respectivement 1 800, 1 050 et 790 livres et forment un « carillon
parfait » selon les directives de l’évêque
de Montréal de l’époque, Mgr E.-C. Fabre. L’apparence
extérieure a été modifiée après
le 14 janvier 1950, jour, où de forts vents ont fait basculer
la flèche du clocher qui, après avoir traversé
le toit, s’est écrasée à l’intérieur
du bâtiment provoquant d’énormes dommages. Devant
la perspective d’un autre incident du genre, les responsables
préféreront amputer la flèche de 20 pieds au
risque de changer la symétrie originelle de la façade.
Cette transformation explique l’aspect massif du clocher actuel.
Dix-sept ans après la fin de sa construction, l’église
Saint-Joseph-de-Soulanges accueille dans son jubé un véritable
trésor. Classé monument historique, l’orgue date
de 1898, a été réalisé par Eusèbe
Brodeur dans son atelier de La Providence (Saint-Hyacinthe) situé
à l’angle des rues Saint-Pierre et Sainte-Anne. Cet instrument
tient son originalité du fait que très peu d’orgues
Brodeur ont traversé le temps sans disparaître ou sans
avoir été grandement modifiés. Seules les églises
de Cacouna (1888) et de Saint-Joseph-de-Soulanges possèdent
l’immense privilège d’abriter des exemplaires qui
conservent toujours leur authenticité.
À
noter que l’histoire d’Eusèbe Brodeur (1837-1913)
est loin d’être banale. En effet, il fit ses débuts
comme apprenti auprès de Joseph Casavant dès 1860. Devant
les qualités manifestes de Brodeur et la peur de ne pouvoir
assurer la transmission de son savoir à ses fils, Joseph Casavant
lui vend son atelier six ans plus tard. Devenu propriétaire
et tuteur, Eusèbe Brodeur enseignera à Claver et Samuel
Casavant l’art qu’il avait naguère appris de leur
père. En 1879, les deux frères décident de quitter
leur ancien maître pour fonder leur propre compagnie, la maison
Casavant Frères. Au prise avec de graves difficultés
financières, Eusèbe Brodeur met fin à ses activités
26 ans plus tard, soit en 1905.
Pour vous convaincre de la qualité du travail d’Eusèbe
Brodeur, il existe un enregistrement de l’orgue de l’église
de Saint-Joseph-de-Soulanges réalisé par l’organiste
Lucien Poirier en collaboration avec la Société Radio-Canada1.
Malheureusement, ce disque demeure difficile à trouver.
Poursuivez vers la rue Saint-Joseph nommée ainsi en l’honneur
du deuxième seigneur de Soulanges, Paul-Joseph LeMoyne de Longueuil.
Dirigez-vous vers le numéro 26 où vous découvrirez
la boulangerie centenaire Leroux.
Bâtie vers 1888, elle est la plus ancienne boulangerie des Cèdres.
Elle fut active jusqu’en 2001. L’influence architecturale
américaine des bâtiments qui la composent est manifeste.
La partie centrale, par exemple, avec son toit brisé à
deux versants, son revêtement de bois et son sous-sol est de
style Second Empire. Les annexes situées à gauche et
à l’arrière sont de style vernaculaire avec leur
toiture plate à deux versants recouvrant une structure sobre
et classique. La boulangerie contient toujours son four de maçonnerie
(« queulard ») qui, depuis plus d’un siècle,
fournées après fournées, approvisionne les résidents
de la paroisse de Saint-Joseph-de-Soulanges en pains de toutes sortes.
Maurice Sauvé fut, selon toute vraisemblance, le premier boulanger
qui mit la main à la pâte et développa le commerce.
Il reçoit les immeubles de ses parents Dosithé Dutrisac
et Léocardie Legault lors d’un acte de donation passé
le 26 décembre 1888. Maurice Sauvé conserva la boulangerie
pendant plus de 12 ans avant d’aller tenter sa chance aux États-Unis
(Salem, Massachusetts) comme bon nombre de canadiens-français
à l’époque. Loin de s’éteindre après
le départ de ce dernier, l’entreprise artisanale va continuer
de croître et lentement s’inscrire dans les habitudes
de vie des gens des Cèdres.
Continuez sur la rue Saint-Joseph. Tournez à votre droite sur
la rue Saint-Thomas. À la rue Sainte-Geneviève, dirigez-vous
vers le numéro 11.
La maison de la famille Baillairgé construite vers 1871 est
un bel exemple de l’architecture rurale québécoise
en usage au 19e siècle. Bien adaptées à l’hiver
et aux nouvelles réalités démographiques, ces
résidences intègrent astucieusement les influences architecturales
françaises et anglaises. La toiture à deux versants,
dont l’angle s’adoucit, se courbe lentement allant jusqu’à
déborder les murs afin de mieux protéger des éléments
les galeries en façade. Le grenier, avec l’ajout de lucarnes,
délaisse son rôle traditionnel d’entrepôt
et permet son occupation par les membres des familles nombreuses de
l’époque.
Les récentes rénovations apportées à la
maison Baillairgé ont quelque peu modifié son aspect
extérieur. Le bois recouvrant la devanture de la partie centrale
a fait place à un assemblage contemporain de pierre. De plus,
la symétrie des ouvertures s’est transformée avec
la pose de fenêtres modernes et la disparition d’une des
deux cheminées (côté est). Le perron de bois accueillant
jadis les Baillairgé a également été supprimé.
Toutefois, malgré ces changements, le bâtiment témoigne
encore très bien du bon goût de nos ancêtres et
de leur grande capacité d’adaptation.
Bien que modeste, cette jolie résidence campagnarde demeurera
dans la famille Baillairgé jusqu’en 1973. Son premier
propriétaire fut Georges-Frédéric-Théophile
Baillairgé (1824-1909), ingénieur civil et député
ministre des Travaux publics du Canada. Ce dernier a acquis les terrains
notamment de son petit-cousin Thomas Baillairgé (1791-1859)
et de son frère Charles-Philippe-Ferdinand Baillairgé
(1826-1906).
Tous deux, architectes de formation, Thomas et Charles marqueront
fortement le patrimoine bâti québécois du 19e
siècle. Thomas Baillairgé réalisa un nombre impressionnant
d’immeubles tels l’église Sainte-Geneviève
de Montréal (1843), la façade de la cathédrale
Notre-Dame de Québec (1843) et l’édifice du Séminaire
de Québec abritant maintenant le musée de l’Amérique
française (1838). Charles-Philippe-Ferdinand Baillairgé
n’est pas en reste vis-à-vis de son petit-cousin. Conseiller
municipal et ingénieur civil de la Ville de Québec,
il est également à l’origine d’une centaine
d’ouvrages dont l’église de Sainte-Anne de Beaupré
(1871) et la terrasse Dufferin (1878).
Avant de poursuivre votre visite en vous dirigeant vers le chemin
du Fleuve, attardez-vous quelques instants au numéro 12 de
la rue Sainte-Geneviève.
Cette maison de pierre recouverte d’un crépis daterait
du début du 20e siècle. L’édifice de forme
cubique, appelé Four Squares aux États-Unis, possède
une histoire commune avec le bâtiment qui, jusqu’en 2000,
s’élevait au coin des rues Sainte-Geneviève et
Chemin du Fleuve (anciennement le 1082 chemin du Fleuve), prochaine
étape de ce circuit patrimonial. En effet, jusqu’à
tout récemment, elles étaient vendues conjointement.
Chaque ville et village possède un bâtiment surnommé
le « Château ». La municipalité des Cèdres
n’échappera pas à cette tradition.
Également
de style Four Squares , le « Château Ouimet », malheureusement
entièrement détruit par un incendie le 5 janvier 2000,
fut érigé vers 1900. Sa forme carrée recouverte
de brique et de pierre taillée, la symétrie au niveau
de ses ouvertures (portes, fenêtres et cheminées) ainsi
que sa toiture à quatre versants sont autant d’éléments
architecturaux caractéristiques de ce type d’habitation.
Construites au Québec entre 1890 et 1935, ces maisons apporteront
en quelque sorte une réponse à la surcharge des éléments
décoratifs de la mode victorienne encore très en vogue
à l’époque. À l’origine, le bâtiment
possédait deux lucarnes en façade ; elles furent détruites
en 1992 lors d’un incendie dont les flammes ravagèrent
les deux derniers étages.
La résidence doit son nom à son premier propriétaire,
Louis Ouimet. Ce dernier serait aussi responsable de la construction
du 12, rue Sainte-Geneviève. Malheureusement, à part
le fait que Louis Ouimet occupa le métier de greffier de la
Cour du Banc du Roi à Montréal, nous possédons
très peu d’informations sur sa vie et sur son passage
dans ces immeubles. À sa mort, le 16 février 1926, il
légua les deux bâtiments à son neveu le Révérend
Père Raoul Legault, alors professeur à l’Université
d’Ottawa. Graduellement, ce dernier aménagea le 1082
pour en faire sa maison de campagne où il venait occasionnellement
s’y reposer. C’est à partir de ce moment que pour
bien des gens des Cèdres, le « Château »
Ouimet deviendra simplement la « Maison du Père Legault
».
Jusqu’en 1947, la propriété demeurera au sein
de la communauté du Père Legault, les Missionnaires
Oblats de Marie Immaculée qui l’avaient acquise de ce
dernier pour la somme symbolique d’un dollar. De maison de campagne,
l’édifice va connaître un changement de vocation
qui ne se démentira plus par la suite ; il deviendra tour à
tour, un hôtel, un bar, une boîte à chansons, une
salle de spectacles et un resto-bar. L’ancienne villa se verra
attribuer des noms se référant à ses dimensions
imposantes et à ses nouvelles fonctions commerciales : Manoir
Gougeon, Château des Cèdres, Château-Art, Hôtel
Benson et plus récemment, Château Les Cèdres Restaurant-Bar.
Prochaine étape, le 1047, chemin du Fleuve.
Les nombreux rapides que l’on retrouve sur le fleuve Saint-Laurent
obligeaient les voyageurs et leurs lourds canots chargés de
marchandises européennes et coloniales à effectuer une
série de portages. C’est pourquoi l’idée
de creuser des canaux pour les contourner a tôt fait de germer
au sein des classes politiques et marchandes, et ce, dès la
fin du 17e siècle. Mais, ce n’est réellement que
deux siècles plus tard qu’une vaste campagne de construction
de canaux est entreprise.
L’arrivée des bateaux à vapeur, l’augmentation
des échanges commerciaux entre l’Europe et l’Amérique
du Nord, le désir de Montréal de garder intact son rôle
économique traditionnel de plaque tournante, initient des projets
d’une ampleur jusqu’à alors inconnue. Parmi ceux-ci
notons : le canal de Lachine (1824), le canal de Beauharnois (1845)
et le creusage d’un petit canal au milieu du Saint-Laurent entre
Québec et Montréal (1850). C’est dans cette optique
que les travaux pour l’érection du canal de Soulanges
seront mis en branle dès 1892. Terminé sept ans plus
tard, soit en 1899, il est appelé à remplacer l’ancien
canal de Beauharnois. Le canal Soulanges demeure en fonction durant
plus de 60 ans avant d’être déclaré obsolète
à son tour lors de l’ouverture en 1959 de la voie maritime.
L’édifice que vous observez maintenant est un témoin
de cette grande époque. En effet, le 1047, chemin du Fleuve,
est l’un des anciens entrepôts qui desservait le canal
Soulanges. Avant d’être déplacé et converti
en résidence, ce bâtiment centenaire était situé
au quai Saint-Féréol, dont on aperçoit toujours
les vestiges au croisement du chemin Saint-Féréol et
de la route 338 qui longe le canal Soulanges.
L’entrepôt proprement dit est la partie située
en façade. La partie arrière a été érigée
subséquemment. Les dernières modifications apportées
au bâtiment ont été réalisées durant
l’été 1999 : revêtement extérieur
contemporain, nouvelle fenestration et transformation de la toiture
originale par l’ajout de pignons sur la devanture.
Maintenant, dirigez-vous vers le 1037, chemin du Fleuve. Construite
en 1793, cette habitation est la plus ancienne de la municipalité
des Cèdres.
Classée monument historique en 1981, la maison Pierre Charay
est de style traditionnel québécois. Son architecture
est typique avec son toit à deux versants couvert de tôle,
dite à la canadienne, sa fondation de pierre et son recouvrement
externe fait de planches de bois disposées horizontalement.
La toiture cintrée abritant le perron-galerie est une caractéristique
importante qui différencie la maison Charay des bâtiments
érigés sous le Régime français.
Cette superbe résidence impressionne également par son
caractère évolutif. S’adaptant aux différents
besoins de ses propriétaires, la maison connaîtra au
moins cinq modifications majeures au cours de son existence. En 1804,
en raison d’un contrat passé avec Pierre Charay, le maître
maçon Antoine Dandurant agrandit le carré central de
6,8 mètres vers le nord. La cheminée de droite permet
de bien visualiser cette transformation ; située à l’origine
à l’extrémité de l’édifice
de 1793, elle est maintenant presqu’au centre de la toiture.
L’ajout aux 19e et 20e siècles de trois annexes (nord,
sud et est), d’une galerie et de huit lucarnes modifieront également
l’aspect extérieur de l’habitation.
La maison Charay est ainsi devenue un magnifique modèle architectural.
En effet, d’un bâtiment issu de la tradition française,
la maison va faire siennes les nouvelles techniques de construction
et ainsi toujours être bien de son temps. L’immense similitude
entre la maison Charay et la maison de la famille Baillairgé,
et ce, malgré un décalage de 78 années, en est
un exemple parfait.
Maître farinier, fermier des moulins de Soulanges et négociant,
Pierre Charay connaît une ascension sociale et économique
qui se reflète sur l’apparence de sa maison. Les nouveaux
besoins engendrés par son commerce et le manque d’espace
vont, selon toute vraisemblance, être à l’origine
de l’agrandissement de 1804 et de l’apparition du magasin
(annexe nord). Charay aurait également profité de ces
travaux pour remettre sa demeure au goût du jour par l’ajout
d’éléments décoratifs de style Adam. À
l’extérieur, seule la porte principale avec ses motifs
octogonaux et sa section vitrée (imposte) témoigne encore
de ce courant américain populaire au début du 19e siècle
dans les régions frontalières. N’ayant pas d’enfant,
il vend la maison en 1830 à son neveu Dominique Charay, marchand
de Soulanges.
Après avoir longé l’immense devanture de la maison
Charay, poursuivez votre chemin vers le sud jusqu’au numéro
civique 1012 situé à quelques pas.
Cette maison de la fin du 19e siècle (vers 1895) aurait eu
comme premiers propriétaires le capitaine de vaisseau Zénon
Lafrance et son épouse Luce Leroux. Avec son revêtement
de bois, sa véranda sur deux des côtés, ses volets,
son toit de tôle et son hangar ancestral, ce splendide bâtiment
a su conserver sa beauté originelle.
Très populaire entre 1875 et 1920, ce type d’édifice
avec sa toiture mansardée (style Second Empire) est présent
dans pratiquement toutes les régions du Québec. Ces
résidences sont une réponse pratique au manque d’espace
chronique des habitations traditionnelles résultant de l’augmentation
du nombre de naissances et de l’arrivée continuelle d’immigrants
d’origines diverses (anglaise, écossaise, irlandaise,
italienne, etc.). En effet, la forme brisée du toit permet
l’augmentation du volume du grenier et rend ainsi possible la
création de chambres ou d’un logement à l’étage.
Les deux prochaines propriétés que vous rencontrerez
sur le parcours sont également de style Second Empire. Prochaine
étape, le 1000, chemin du Fleuve.
Cette belle maison colorée assise sur son monticule domine
le fleuve. Son aspect est très similaire à celui de
l’habitation précédente avec sa toiture brisée
à deux versants, la symétrie de ses fenêtres et
de ses portes, la présence de lucarnes au niveau des combles
et la présence d’une cuisine d’été
située à l’arrière. En fait, la seule différence
majeure est la galerie couvrant trois des côtés de la
résidence.
Également
construite vers la fin 19e siècle, le premier document sur
lequel figure la demeure, mentionne qu’elle fut acquise le 7
juillet 1893 par Maxime Leroux. Celui-ci en prit possession lors d’une
vente aux enchères qui s’est tenue à la porte
de l’église Saint-Joseph-de-Soulanges suite à
la faillite de Jean Leroux survenue quelques mois plus tôt.
Malheureusement, nous n’avons pas réussi à établir
les liens de parenté qui unissaient Jean Leroux à Maxime
Leroux : père, fils, frère, oncle, neveu ?
Prochaine étape: le 964 et le 966 chemin du Fleuve. Maintenant,
quittez la rue Principale pour vous diriger vers le chemin Public.
Mais attention, vous ne retrouverez pas ces deux noms de rues ! Car,
elles ne sont qu’un rappel des différentes appellations
par lesquelles le chemin du Fleuve a été désigné
au cours de son existence. Rue Saint-Laurent, rue Saint-Joseph et
chemin du Roy font également partie des termes utilisés
pour indiquer cette route qui traverse Les Cèdres.
Cette maison de style Second Empire est un autre bel exemple de ce
type d’architecture originaire de France implanté au
Québec par le biais de nos voisins du sud, les États-Unis.
Encore une fois, on retrouve la toiture mansardée à
deux versants, la présence d’un sous-sol et la cuisine
d’été à l’arrière de l’édifice.
Les ouvertures sont symétriques, exception faite peut-être
de cette petite lucarne maladroitement insérée à
gauche du toit, brisant quelque peu l’harmonie du deuxième
étage. Malgré tout, l’ensemble des éléments
décoratifs reste soigné. Observez les jolies boiseries
rouges (fleurons) qui ornent les pignons de trois des lucarnes. Le
tout est complété par deux grandes cheminées
de brique situées aux extrémités de la bâtisse.
Celles-ci témoignent encore très bien des moyens de
chauffage de l’époque, rudimentaires certes, mais à
l’épreuve des tempêtes de verglas...
Après la mort de son mari le commerçant Esdras Bissonnette
en 1890, Virginie Leroux habitera le bâtiment pendant 21 ans.
En 1911, elle le lègue à son fils Émile, alors
cultivateur de la paroisse de Saint-Joseph-de-Soulanges. L’autre
fils du couple Bissonnette-Leroux, le marchand, Joseph-Noé
hérite quant à lui d’un immeuble que l’on
peut toujours apercevoir de nos jours malgré les nombreuses
transformations qui lui furent apportées (le 1162 et le 1170
chemin du Fleuve). Au début du dernier siècle, l’apparence
extérieure de la maison de Virginie Leroux et du magasin de
Joseph-Noé Bissonnette étaient identiques. Ils ont,
très probablement, été construits par le même
entrepreneur pour le compte d’Esdras Bissonnette.
Prochain rendez-vous : la résidence située au 944 chemin
du Fleuve, tout juste au coin de la rue Sainte-Catherine.
Construite après 1913, cette belle maison est de tradition
Pittoresque. La sobriété de ses lignes contraste avec
les bâtiments plus massifs d’esprit français et
Regency aperçus précédemment. De plus, son plan
en L détonne avec les autres habitations traditionnelles, dont
la forme est généralement en T. Comme l’expliquent
Michel Lessard et Huguette Marquis dans leur encyclopédie de
la maison québécoise, l’aspect néoclassique
de ce genre de demeure est intensifié par le fait que leur
façade, située sur l’un des murs pignons, s’inspire
directement des frontons des monuments grecs de l’Antiquité.
Encore une fois, les portes et les fenêtres sont positionnées
de façon symétrique. Ces dernières peuvent être
à grands carreaux ou à guillotine. Le toit, où
s’insèrent des pignons de forme triangulaire, est plat
et à deux versants. Les planches verticales recouvrant les
arêtes du bâtiment (pilastres) indiquent une finition
soignée contribuant également à son apparence
classique.
À
l’instar d’Adélaïde-Catherine Aubert de Gaspé
(1815-1895) et de son époux Georges-René Sauveuse de
Beaujeu (1812-1865), dernier seigneur de Soulanges, le médecin
Joseph Thauvette a possédé un nombre impressionnant
de terrains aux Cèdres au tournant du siècle. Il n’est
donc pas étonnant qu’il ait été le propriétaire
de la terre où est maintenant située la maison. Le 13
avril 1911, le docteur Thauvette se défait de 69 de ses lots.
Il les vend à Onésime Aubry pour la somme de 1 525 $.
Celui-ci, en bon commerçant qu’il est, sous-divise les
terrains nouvellement acquis. En 1913, Aubry cède deux parties
de lots à Anselme Chartrand. Le nouvel acquéreur déboursera
500 $ pour ces emplacements sur lesquels, il fait bâtir l’immeuble
que vous êtes présentement en train d’observer.
Poursuivons notre visite. Empruntez maintenant la rue Sainte-Catherine
jusqu’à la rue Saint-Paul. Tournez sur votre gauche.
Au premier croisement, dirigez-vous vers la droite sur la rue Saint-Thomas.
Vous voici sur la rue de l’Hôtel-de-Ville, anciennement
Saint-Dominique, tournez à gauche et rendez vous jusqu’au
numéro civique 17.
Bâtie vers 1835, cette jolie maison serait, selon toute vraisemblance,
le deuxième bâtiment le plus ancien au village de Soulanges
encore debout. De style traditionnel québécois, elle
possède un toit de tôle courbé qui devait originellement
couvrir un perron plus volumineux. Les fondations de pierre sont toujours
visibles et contribuent fortement à son apparence solide et
massive. Si au 19e siècle, les murs extérieurs étaient
habillés de planches de bois, les modes du siècle suivant
ont fait en sorte que le revêtement d’aujourd’hui
est composé de métal bosselé ou repoussé.
Cette transformation confère à la résidence son
allure originale. En effet, on dirait presqu’à première
vue, qu’elle est recouverte de pierres taillées. Néanmoins,
l’absence de lucarne, l’asymétrie des portes et
des fenêtres tranchent quelque peu avec ce type de construction
québécoise.
L’utilisation de l’âtre ou du poêle de fonte
pour la cuisson de la nourriture rendait la chaleur rapidement insupportable
dans ces maisons lors de la saison estivale. L’ajout d’une
annexe servant de cuisine d’été, dès le
19e siècle, va régler cet inconfort. Ainsi, la fraîcheur
de la bâtisse principale sera conservée durant ces quelques
mois. Durant l’hiver, puisque cette pièce était
sommairement isolée, les gens y entreposaient leur bois de
chauffage.
Malheureusement, le passé de la maison est encore très
peu connu. Les premiers documents relatifs à la demeure datent
de 1915. À cette époque, elle appartenait aux héritiers
de François-Xavier Ménard.
Retournons sur le chemin du Fleuve. Dirigez-vous vers le 1102 avant-dernière
étape du circuit.
Érigé
vers la fin du 19e siècle, le bâtiment est de style Four
Squares. L’immeuble de brique accueille un perron de bois relativement
volumineux brisant ainsi la sagesse de ce style dépouillé.
Sur certains modèles, les étages supérieurs servaient
à la location et de ce fait se voyaient garnis d’une
galerie. Très répandu au Québec entre 1890 et
1935, ce courant architectural américain fut très populaire
aux Cèdres ; plusieurs propriétés en témoignent
encore de nos jours.
Achetée en 1901 par Joseph Thauvette alors étudiant
en médecine, la bâtisse ne sera pas longtemps sa propriété.
En effet, deux ans plus tard, son diplôme en poche, il la vend
à Joseph Montpetit. Ce marchand-tailleur y tiendra boutique
pendant plus de 37 ans, soit jusqu’à sa mort en 1940.
Entre 1936 et 1947, l’une des pièces de l’immeuble
sera transformée en une succursale de la Banque Canadienne
Nationale. La maison demeurera au sein de la famille Montpetit jusqu‘en
1982.
Comment ne pas conclure notre visite de la municipalité des
Cèdres sans présenter l’un de ses bâtiments
les plus impressionnants : l’ancienne centrale hydroélectrique
du canal de Soulanges.
Situé au 2100 chemin du Fleuve, soit à un peu plus de
quatre kilomètres du village en direction de Coteau-du-Lac,
cet édifice a été reconnu monument historique
en 1984.
Érigée
en 1899, selon les plans de l’ingénieur Thomas Monro,
la centrale des Cèdres était conçue pour actionner
les portes des écluses et éclairer le parcours de 23,6
kilomètres qu’empruntait le canal de Soulanges. La lumière
produite par un nombre impressionnant de lampadaires, maintenant disparus,
rendait la navigation possible 24 heures sur 24. Les 528 kilowatts
développés par les deux génératrices permettaient
également d’actionner les ponts tournant traversant le
canal. La centrale des Cèdres était à la fine
pointe de la technologie de l’époque. En effet, ce n’est
qu’à la fin du 19e siècle que la maîtrise
des techniques hydroélectriques modernes a permis l’aménagement
d’installation de ce type. La centrale la plus ancienne serait
celle des chutes Montmorency construite en 1885, ce qui fit de Québec,
la première ville à être alimentée en électricité
dans tout le Canada.
En 1959, en raison de la désuétude du canal de Soulanges,
conséquence irréversible de l’ouverture de la
voie maritime, la centrale des Cèdres fut définitivement
fermée. Fort heureusement, le bâtiment qui compose ce
magnifique complexe est demeuré pratiquement intact. Des 87
centrales hydroélectriques qui furent construites au Québec
avant 1900, seulement quatre subsistent encore de nos jours.
L’influence architecturale que privilégia Thomas Monro
pour réaliser l’édifice est le modèle «
château ». Typiquement canadien, ce style trouverait ses
origines, selon l’historien de l’art Jean Bélisle,
avec l’arrivée au pays de Lord Dufferin en 1872. Ce dernier
proposa de restaurer les portes de Québec à la manière
des forteresses médiévales de manière à
rappeler le passé français de cette ville. Peu de temps
après, le Canadien Pacifique favorisa l’essor de ce type
d’architecture par la construction d’une série
d’hôtels pancanadien dont fait partie le Château
Frontenac. L’originalité de l’ancienne centrale
des Cèdres provient aussi du fait que seul l’ingénieur
Monro a opté pour ce courant stylistique afin de créer
un bâtiment abritant un complexe hydroélectrique.
La centrale mesurant 26 mètres de longueur sur 8 mètres
de profondeur est composée de trois sections principales. Le
corps central accueillait la salle des machines, l’aile ouest
abritait le surveillant tandis que l’aile est servait d’entrepôt.
La symétrie du bâtiment est manifeste. Les toits surmontés
de pignons sont à pente raide et recouverts d’ardoise.
Remarquez les petites tourelles présentes sur trois des quatre
côtés des deux « annexes ». La bâtisse
est faite de briques rouges auxquelles on a ajouté comme élément
décoratif, des pierres angulaires (chaînage) composées
de grès de l’Ohio. Le nombre important de fenêtres
avait pour fonction de laisser pénétrer au maximum la
lumière du soleil afin de favoriser l’éclairage
naturel à l’intérieur du bâtiment.
Construite au confluent de la rivière à la Graisse et
du fleuve St-Laurent, l’ancienne centrale hydroélectrique
est le témoin privilégié du dynamisme et de l’importance
qu’a revêtu le canal Soulanges au niveau économique.
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Source: Micheline et Roger Brouillette
Nous avons fait la lecture du circuit patrimonial des Cèdres sur internet. C'est très intéressant. Vous pourriez possiblement mettre à jour votre parcours en incluant la maison suivante: la maison la plus vieille de Les Cèdres et possiblement de Soulanges, à notre connaissance. Il s'agit du 494 Chemin du Fleuve. Elle est de style breton, en granit jaune, extrait de la Pointe des Cascades comme beaucoup de maisons autour du Lac St-Louis et fut construite en 1774 selon un contrat passé devant le notaire Thomas Vuatier le 24 novembre 1773 entre Joseph Lalonde propriétaire de la terre no. 22 du terrier de Soulanges et Pierre Lahait maître-maçon de Montréal. La maison fut construite sur une concession arpentée le 9 mars 1729 par Jean-Baptiste Angers arpenteur-juré, vendue en concession à François Baune par le Chevalier de Longueuil le 23 mai 1742 mais celui-ci l'avait déjà vendue le 1 septembre 1740 à Albert Lalonde qui l'a vendue à son frère Joseph le 5 décembre 1753. La maison fut toujours une maison de ferme à travers les siècles. Joseph Lalonde la donne à son fils Philippe le 8 avril 1783. Philippe Lalonde donne la maison le 11 août 1818 à Antoine Bonaventure Madore, celui-ci fait placer une pierre sur la devanture de la maison, son nom, A Madore et 1846, possiblement après des travaux sur la maison. Le 7 février 1840, Georges-René Saveuse de Beaujeu re-concède la terre par titre nouvel à Antoine Bonaventure Madore. Le 1er décembre 1881, la veuve de feu Antoine Bonaventure Madore, donne la maison à Joseph Bériault et celui-ci la vend le 24 octobre 1888 à Alexandre Leroux. Les Leroux en seront propriétaires jusqu'en 1952 alors qu'elle devient un chalet et propriété de Nadene Styan. Elle restera chalet jusqu'en 1971 où elle est à nouveau habitée en résidence par un vétéran, J.C. Beaulac. Celui-ci la vend en 1980 à Roger Brouillette. Entre 1992 et 1995, la maison originale est entièrement restaurée à son époque de 1774.
Votre visite de la municipalité des Cèdres se termine
ici. Nous vous remercions d’avoir été au rendez-vous
de notre histoire et souhaitons vous retrouver bientôt parmi
nous. Bonne fin de journée !
ISBN-2-9807597-0-8
Dépôt légal - Bibliothèque nationale du
Québec, 2002
Dépôt légal - Bibliothèque nationale du
Canada, 2002
Tous droits réservés © 2002, Municipalité
des Cèdres